Séminaire Autobiographie et correspondances – ITEM

Le 14/10/2017 à  10h à l’Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris
• Groupe Violette Leduc
– Olivier Wagner : « L’Impossible portrait de Jean-Paul Sartre: au sujet de quelques feuillets rejetés du manuscrit de La Folie en tête »
– Anaïs Frantz : « Être femme et écrire, de L’Affamée à La Folie en tête »
– Alison Péron : « Isabelle, « encore elle, toujours elle ». Etude d’un personnage envahissant et reparaissant »
– Mireille Brioude  « L’Affamée, genèse d’une œuvre »

Informations

Journée d’étude autour de l’oeuvre de Violette Leduc

Journée d’études autour de Violette Leduc

Mardi 23 mai 2017, NYU Paris

Organisatrices : Kiev Renaud (McGill University), Kaliane Ung (New York University)

 

Programme

10h30 Accueil des participants et petit-déjeuner

11h00 Effeuillage des manuscrits

Mireille Brioude: « Personnages féminins : personnages secondaires ? Les feuillets inédits de La Chasse à l’amour »

Alexandre Antolin: « Ravages : Violette Leduc, veuve d’Isabelle P. »

Anaïs Frantz: « La Folie en tête : le manuscrit nu en chemise »

Caé Masséna: « Insurrections littéraires : face à la censure, l’écriture ravagée du féminin dans « Amour » de Marie Vieux-Chauvet et « La main dans le sac » de Violette Leduc »

12h30 Collation

13h30 Dans la noirceur de la chambre…

Sandrina Joseph: « Recueille-moi, réduit » : la chambre comme théâtre du désespoir amoureux dans L’Affamée

Kaliane Ung: « Les viols de Violette dans l’Asphyxie et Trésors à prendre »

Kiev Renaud: Les soins de beauté pour « effacer [l’]âge » : muséification du corps humain chez Violette Leduc

15h00 Pause café

15h30 Retour au monde, retour au manque

Sarah Rocheville: « Mon avenir ne ressemble pas au leur » : le temps sans doublure de Violette Leduc

Frédérique Collette: Le fardeau des défauts : Violette Leduc et l’écriture de la honte

Ghyslaine Charles-Merrien: « Violette Leduc et Monique Lange : une histoire de poissons-chats »

Luana Doni: Aux alentours de l’absence : réflexions sur L’Asphyxie et sur L’Affamée de Violette Leduc

* * *

RSVP obligatoire : khu202@nyu.edu

Les places sont limitées. Un contrôle d’identité se fera à l’entrée de NYU Paris dans le cadre du plan vigipirate.

Responsable :

Kaliane Ung

url de référence

https://violetteleduc.net/

Rencontre à la librairie Violette and Co

vendredi 17 février 2017

Rencontre avec DANIELLE CONSTANTIN pour l’ouvrage co-dirigé avec CATHERINE VIOLLET « Genre, sexes, sexualités » en présence de MIREILLE BRIOUDE, ANAÏS FRANTZ et ALISON PERON – 19h

Genre, sexes, sexualités. Que disent les manuscrits autobiographiques ? (PURH)

Les questions de genre, de sexes et de sexualités, envisagés dans leur pluralité, constituent un domaine majeur de l’expérience humaine et un vaste champ de recherche qui concerne toutes les pratiques, tant sociales que symboliques, et tout particulièrement le langage et l’écriture. Ces notions permettent d’interroger les idées reçues, de déconstruire les évidences et d’explorer les textes sous un angle neuf.

Les écrits autobiographiques abordent certains aspects de la vie humaine, parmi les plus secrets, les plus intimes, notamment les relations complexes entre les sexes et le genre (comme construction de la relation entre le biologique et le social), entre les sexes et les différentes sexualités, entre le genre et les sexualités. L’étude des processus de genèse de ces écrits suppose de prendre en compte les contraintes, tant matérielles que symboliques, liées à ces catégories qui structurent la société, et à cerner leur fonctionnement dans la production des textes. Les recherches sur le genre, les questions d’identités sexuelles, et sur les représentations discursives des sexualités qui leur sont liées trouvent ainsi dans l’étude de la genèse de textes autobiographiques un matériau de choix, en raison d’un pacte d’authenticité : lieux par excellence d’élaboration créatrice, ils portent trace de conflits, d’enjeux, d’ambiguïtés et de contradictions, d’autocensure et de censure, d’ajustements entre reproduction et subversion des normes, de métamorphoses propres au processus de production.

Genre, sexes, sexualité. Que disent les manuscrits autobiographiques ? réunit treize articles qui veulent rendre compte de l’originalité et de la pertinence d’analyses littéraires se situant au croisement, encore trop peu exploré, d’un questionnement sur le genre, les sexes et les sexualités, de recherches sur les formes autobiographiques et de travaux en critique génétique. Les analyses présentées dans ce volume se penchent sur des textes et des avant-textes du domaine français (Herculine Barbin, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux, Marie-Edmée, Violette Leduc, Yves Navarre) et étranger (Géza Csáth, Samuel Taylor Coleridge, Jack Kerouac, Anaïs Nin). Il inclut une bibliographie des publications de Catherine Viollet, une pionnière dans la rencontre des analyses génétiques sur les textes autobiographiques et des études de genre.

Avec les contributions de : Emeline André, Mireille Brioude, Nicole Cadène, Mateusz Chmurski, Danielle Constantin, Simon Dubois Boucheraud, Anaïs Frantz, Marion Krauthaker, Sylvie Lannegrand, Julie LeBlanc, Kimberley Page-Jones, Alison Péron et Catherine Viollet.

Catherine Viollet (1949-2014) est entrée en 1976 à l’ITEM-CNRS/ENS où elle a travaillé comme chercheuse jusqu’en 2014 tout en animant depuis sa fondation en 1995 l’équipe « Genèse et autobiographie ». Ses nombreux travaux se sont penchés sur des textes germanophones, francophones et russophones en privilégiant les études de genre et, avec Elena Gretchanaïa, le corpus des diaristes russes écrivant en français au XIXe siècle. Elle s’est intéressée à des figures majeures de la littérature (Proust, Thomas Mann) comme à des écrivaines moins canoniques telles que Christiane Rochefort ou Violette Leduc ou aux écritures dites ordinaires. Ce volume posthume lui est dédié.

Danielle Constantin est docteure en littérature comparée de l’Université de Toronto. Depuis 2004, elle est chercheuse associée à l’ITEM-CNRS/ENS à Paris. Elle a publié Masques et mirages. Genèse du roman chez Cortázar, Perec et Villemaire (New York, Peter Lang, 2008) et codirigé, avec Jean-Luc Joly et Christelle Reggiani, Espèces d’espaces perecquiens (Bordeaux, Le Castor astral, 2015).

Mireille Brioude, Anaïs Frantz et Alison Peron font partie du groupe de travail sur les manuscrits de Violette Leduc créé et qu’a dirigé Catherine Viollet au sein de l’ITEM-CNRS-ENS.

Cette soirée sera l’occasion de rendre hommage à Catherine Viollet.

Séminaire de Master – De la pudeur féminine à l’impudeur littéraire

C’est par le biais du texte, de la lecture et de l’interprétation, pudiquement-impudiquement donc, qu’on approchera ce qui est en jeu dans le geste qui consiste à voiler ou à dévoiler le corps des femmes et qu’on essaiera de comprendre ce que recouvre, dans l’Histoire de la littérature française et francophone, le passage d’une tradition de la pudeur féminine à une littérature féminine et féministe perçue ou voulue impudique.

Hiver-printemps 2017, Vendredi matin à La Sorbonne Nouvelle Paris 3

Les manuscrits de Violette Leduc – séminaire

es manuscrits de Violette Leduc – dans le cadre du séminaire de l’ITEM « autobiographie et correspondances ».

28 mai 2016 à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, 45 rue d’Ulm, 10h-13h, salle Beckett

-Hommage à Catherine Viollet

Alexandre Antolin « Echanges économico-sexuels dans Ravages, étude de la scène inédite du taxi »

Olivier Wagner « Fragilités biographiques, le récit de soi à l’épreuve des sources complémentaires : la relation Sarraute/Leduc dans La Folie en tête. »

Anaïs Frantz « Violette Leduc ou la maladie de la vie. Etude des cahiers manuscrits de La Chasse à l’Amour »

Mireille Brioude « L’excipit de La Chasse à l’Amour : les révélations des derniers feuillets manuscrits. »

 

Ecole Normale, Paris, 28 mai 2016

Ecole Normale, Paris, 28 mai 2016

Violette Leduc La Chasse à l’amour à la Bibliothèque Faidherbe

E. Hoffenberg / Les films du Poisson

VIOLETTE LEDUC, LA CHASSE À L’AMOUR D’ESTHER HOFFENBERG (2013, 57 MN)

Venez découvrir la vie de Violette Leduc, l’auteure de  La Bâtarde, proche de Simone de Beauvoir, qui a vécu dans un immeuble situé au 20 rue Paul Bert dans le 11e arrondissement, à deux pas de la bibliothèque Faidherbe.

« Si on entreprend une autobiographie, il faut y aller à fond ».

Violette Leduc a offert sa vie aux lecteurs, avec une « sincérité intrépide » louée par Simone de Beauvoir, qui devint dès 1945 son éditrice et son amie fidèle.

50 ans après le succès public de « la Bâtarde » en 1964, il est temps de redécouvrir que le style et la liberté de Violette Leduc sont toujours aussi actuels.

A travers les archives, les documents filmés, les évocations par ceux qui l’ont connue ou l’étudient, et les lectures d’extraits choisis, le film entrelace passé et présent, Paris et la Haute Provence, à la rencontre de cette femme qui a bravé les tabous en faisant de sa solitude et de ses passions « impossibles » une grande œuvre littéraire.

Esther Hoffenberg débute avec la réalisation d’un long-métrage documentaire en 1980 : Comme si c’était hier, coréalisé avec Myriam Abramowicz. Elle crée la société de production et de distribution LAPSUS en 1989, et produit une soixantaine de films documentaires. Les deux vies d’Eva marque son retour à la réalisation en 2005, suivi par Discorama, signé Glaser (2007) Au pays du Nucléaire (2009) et Violette Leduc, la chasse à l’amour (2013).

Projection en présence de la réalisatrice

Club de lecture Violette Leduc à la Librairie Violette and Co

samedi 20 septembre 2014

Première réunion du club de lecture de l’oeuvre de VIOLETTE LEDUC – 13h – 15h30

Suite à la rencontre « Lire Violette Leduc aujourd’hui » du 28 mars 2014 dans le cadre du programme des 10 ans de la librairie, nous proposons la création d’un club de lecture de l’oeuvre de Violette Leduc qui se réunira à la librairie. Ce club rassemblera des lectrices et des lecteurs qui aimeraient découvrir les textes de l’écrivaine ou en approfondir la connaissance. Afin de répondre aux attentes des personnes intéressées par cette proposition, de définir le contenu et de déterminer les modalités pratiques de fonctionnement, une réunion préparatoire s’est tenue à la librairie vendredi 23 mai à 19h.

La lecture de L’Asphyxie, publié chez Gallimard, coll. L’Imaginaire est proposée pour la première séance. Il s’agit de son premier livre, publié en 1946. Ce livre a l’avantage d’être court, de se présenter en une succession de tableaux, de rassembler pratiquement l’ensemble des thématiques chères à Violette Leduc.
Il est demandé à chacune d’une part d’avoir lu ce livre, (le rendu pourra être affectif et émotionnel et/ou analytique de ses thèmes et de son écriture), d’autre part de choisir un passage de 10 à 20 lignes pour éventuellement le lire lors de la séance.

La première séance est fixée au samedi 20 septembre de 13h à 15h30.
Puis : samedi 25 octobre, samedi 15 novembre, samedi 13 décembre, samedi 10 janvier.

Les personnes désirant participer à cette première séance devront s’inscrire au mail suivant : violette@violetteandco.com

Claude Simon Les Vies de l’Archive

Claude Simon

Le centenaire de la naissance de Claude Simon, Prix Nobel de Littérature 1985, et la publication d’une biographie de l’écrivain par Mireille Calle-Gruber aux Éditions du Seuil, étaient l’occasion de retraverser l’œuvre simonienne sous l’angle de l’archive. L’archive n’est pas tournée vers le passé : son geste archéologique se fait au présent de l’écriture, il se tourne vers les voies ouvertes par les lectures à l’à venir.
Ainsi est-ce à partir des nouvelles voies d’étude de l’œuvre qu’offre la recherche universitaire actuelle que les actes du colloque tenu en Sorbonne et à l’École Normale Supérieure en 2013 s’attachent à considérer la poétique d’une archive vivante par laquelle Claude Simon conjugue, dans ses romans, l’autorité des traces historiques avec la subjectivité de la mémoire sensorielle.
Au moyen, non seulement de l’examen de documents inédits qui mettent au jour la pluralité des genres littéraires et artistiques explorés par l’écrivain (romans, photographie, cinéma, théâtre), mais encore de l’analyse génétique des manuscrits, pour laquelle la science de la conservation patrimoniale s’allie aux technologies les plus récentes des humanités numériques, les auteurs du présent volume parcourent les « Vies de l’Archive » chez Claude Simon.

Rencontre à la Librairie Violette and Co

vendredi 28 mars 2014

DANS LE CADRE DES 10 ANS DE VIOLETTE AND CO : rencontre « Lire VIOLETTE LEDUC aujourd’hui » en présence de MIREILLE BRIOUDE, ANAIS FRANTZ, ALISON PERON, CECILE VARGAFTIG et CATHERINE VIOLLET – 19h

Il était évident que l’oeuvre de Violette Leduc (1907-1972), l’auteure de L’Asphyxie, L’Affamée, Ravages, Thérèse et Isabelle, Trésors à prendre…soit au programme des festivités de cette année anniversaire des 10 ans de Violette and Co. Le nom de la librairie est principalement en hommage à l’écrivaine.
C’est en référence à une rencontre qui a eu lieu à la librairie autour de l’ouvrage Lire Monique Wittig aujourd’hui co-dirigé par Benoît Auclerc et Yannick Chevalier (PUL, 2012)  que cette soirée est intitulée « Lire Violette Leduc aujourd’hui ». Nous avions organisé deux hommages évoquant sa vie et son oeuvre, l’une à propos de l’excellente biographie de Carlo Jansiti (Grasset, 1999) et l’autre à l’occasion de la parution de la correspondance de Violette Leduc que ce dernier a édité chez Gallimard en 2007. C’est autour de la lecture contemporaine de ses écrits que cette rencontre est orientée. Son oeuvre fut immédiatement, dès 1945, reconnue par ses pairs, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Nathalie Sarraute, Jean Genet, Jean Cocteau, Marcel Jouhandeau, mais elle ne rencontra la consécration publique qu’à la parution de La Bâtarde en 1964. Malgré ce succès qui se confirma, sans toutefois la même ampleur, avec la publication de La folie en tête puis de La chasse à l’amour, et la constitution d’année en année d’un cercle d’initié-e-s fervents admirateurs, elle reste une écrivaine méconnue et sous-estimée, sinon oubliée. A l’occasion de la sortie du film Violette de Martin Provost à l’automne 2013 et de la diffusion du documentaire Violette Leduc, la chasse à l’amour d’Esther Hoffenberg le 12 mars 2014 (Arte, 22h45) ainsi que de la réédition de certains titres par Gallimard, il semble que l’oeuvre de l’écrivaine connaisse un regain d’intérêt. Lors  de cette soirée du 28 mars, ce sont trois axes de lecture possibles qui seront abordés, celle faite par des chercheures, l’intérêt universitaire suscité par les textes de Violette Leduc, celle engendrée par des écrivaines qui peuvent témoigner de son influence dans leur propre travail, de la modernité de son écriture, et celle du public en général qui la découvre ou redécouvre.

Sera présent le groupe  « Violette Leduc » de l’Institut des Textes et des Manuscrits (ITEM), au complet, composé de Catherine Viollet (CNRS équipe « Genèse et autobiographie ») de Mireille Brioude (direction du groupe, créatrice du site Violette Leduc) d’Anaïs Frantz (docteure) et d’Alison Péron (doctorante). Assistera également Cécile Vargaftig, écrivaine et scénariste. Catherine Florian qui anime la rencontre lira des contributions d’écrivaines qui ne pourront pas être présentes. Le public est largement invité à prendre la parole et à partager ses lectures et/ou relectures des livres de Violette Leduc.

Sur ce site, la page « La Sélection de Violette » est entièrement consacrée aux ouvrages de et sur Violette Leduc.

http://www.violetteandco.com/librairie/spip.php?article679

Présentation d’ouvrages

La prochaine séance du séminaire de recherche « Peut-on penser une écologie culturelle ? Genre, littérature, francophonie, études post-coloniales : transits » organisé par Mireille Calle-Gruber et Jean Bessière, dans le cadre des activités du Centre de Recherches en études féminines et de genre/ EA 4400/ THALIM, aura lieu le vendredi 31 janvier 2014 de 13h à 16h en Sorbonne.

Seront présentés deux ouvrages:

-Anaïs Frantz, Le Complexe d’Eve : la pudeur et la littérature. Lectures de Violette Leduc et Marguerite Duras, Honoré Champion, 2013

-Anaïs Frantz, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Mireille Calle-Gruber, Fictions des genres, éd. univ. de Dijon, 2013

Programme de la séance :

-Jean Bessière (Paris 3) : « Fictions des genres : un point de vue anthropologique. »

-Anaïs Frantz (Paris 3): « La pudeur, la littérature et les études féminines et de genre »

-Jacques Poirier (Univ. de Bourgogne) : « Quand la fiction a mauvais genre ».

-Discussion avec les signataires du volume Fictions des genres (EUD, 2013)  :

Mireille Calle-Gruber, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Anaïs Frantz, Eberhard Gruber, Sarah Jagodzinski, Alison Peron, Hervé Sanson

Documentaire

Violette Leduc, la chasse à l’amour            

Documentaire, 57 min.,  2013.

Réalisateur(s):Esther Hoffenberg .

Violette Leduc La Chasse à l'amour

Violette Leduc La Chasse à l’amour

Résumé       « Si on entreprend une autobiographie, il faut y aller à fond » affirme Violette Leduc. L’homosexualité, l’avortement, la bâtardise, elle aborde chacun des sujets tabous des années 50 sans aucune hypocrisie. Sa « sincérité intrépide » lui apporte l’admiration et le soutien de Simone de Beauvoir.Presque 50 ans après le succès public de la Bâtarde, la force des livres de Violette Leduc reste intacte, autant que sa personnalité originale. Inspiré par le style poétique de Violette, le film compose le portrait d’un grand écrivain en avance sur son époque. Un hymne à la liberté et à la magie des mots.Rythmé par des extraits d’ouvrages lus par la comédienne Dominique Reymond, le film cède la parole à plusieurs intervenants renommés parmi lesquels la romancière Cécile Vargaftig, le biographe de Violette Leduc Carlo Janciti ou l’écrivain et cinéaste Claude Lanzmann, grand ami de Simone de Beauvoir. Il dévoile enfin des archives inédites à ce jour où apparaissent des contemporains de Violette Leduc tels que Jean Genêt ou Jacques Guérin.Commentaire lu par : Dominique Reymond

Conférence à l’ENS

La mère dans les manuscrits de Violette Leduc : un motif révélateur

Intervention de Anaïs Frantz, du groupe Violette Leduc, dans le cadre de la journée d’étude « Sexualités, genre, résistances. Genèse et autobiographie » de l’ITEM, organisée à l’ENS.

Depuis le premier roman publié, l’activité d’écrire est intimement liée, chez Violette Leduc, à la figure maternelle et à l’« inguérissable » de sa naissance bâtarde. Je me propose d’étudier la résurgence obsessionnelle du motif de la mère dans les manuscrits de La Chasse à l’amour à partir de trois exemples précis. Ratures et lapsus de genre grammatical, dans les Cahiers, témoignent en effet, d’une part, de l’inscription d’un genre social et sexuel indécidable : celui de Violette, l’enfant bâtard ; d’autre part, de la place ambivalente qu’occupe la mère dans les relations amoureuses ou fantasmées de Violette Leduc ; enfin, du rapport singulier qui existe dans l’imaginaire de l’écrivaine entre procréation et création littéraire. On parlera alors des repentirs de la bâtarde, à la fois au sens des lamentations de l’auteure qui n’en finit pas de revenir sur l’événement de sa naissance fautive, et au sens des ratures apportées à l’œuvre en cours d’exécution.

Colloque Claude Simon Les Vies de l’Archive – Sorbonne Nouvelle 2013

CLAUDE SIMON, LES VIES DE L’ARCHIVE

Colloque du Centenaire

1913-2013

 27-28 février, 1er mars 2013

Au commencement, et qui commande en tous points l’œuvre de Claude Simon, il y a le travail de l’archive, laquelle relève à la fois de l’historique, du politique et de la poétique.

L’archive est plus ample que la mémoire, qu’elle garde et dont elle se garde par la construction d’une mise en œuvre de la recherche. L’archive n’est pas tournée vers le passé : son geste archéologique, singulier et immémorial, la requiert au présent de l’écriture et aux voies ouvertes à l’à-venir.

Elle est peut-être bien ce que Claude Simon appelle « le vécu » dont il fait ses romans ; le vécu qui impressionne le corps extérieur à même l’intime, et dont il importe de déchiffrer les traces, nourricières de la vivante relation au monde.

Qu’il s’agisse des archives familiales et de la documentation réunie par l’écrivain, de ses notes pour mémoire, des manuscrits des romans, plans et croquis, de la diversité des genres expérimentés (peinture, photographie, roman, essai, film, scenario, conférence, entretien) ou qu’il s’agisse des œuvres publiées dont chacune est à la fois un accès nouveau au vécu et une ressource pour les romans successifs, on suivra les chemins de traverse que fraye Claude Simon constituant ainsi une archive cohérente et lisible. Entre rassemblement et dispersion, conservation et ruine, science et impressions affectives, institution et interprétation.

Et plus d’une interrogation.

« Comment savoir ? Comment savoir ? Que savoir ? » : ces questions qui scandent La Route des Flandres sont celles de l’archivation et de l’archivable. Elles deviennent les nôtres. Elles habitent la poétique de l’œuvre, par exemple Le Palace avec la guerre d’Espagne, Les Géorgiques avec la vision révolutionnaire de l’Histoire, ou encore la démarche autobiographique qui est au fondement de tous les livres.

« Mais où commence le dehors ? Cette question est la question de l’archive », affirmait Derrida. C’est sans aucun doute la question pour la dynamique de Claude Simon dont les phrases interminablement disponibles mettent à feu et à cendre les mémoires de la mort et les vies de l’archive.