Séminaire Autobiographie et correspondances – ITEM

Le 14/10/2017 à  10h à l’Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris
• Groupe Violette Leduc
– Olivier Wagner : « L’Impossible portrait de Jean-Paul Sartre: au sujet de quelques feuillets rejetés du manuscrit de La Folie en tête »
– Anaïs Frantz : « Être femme et écrire, de L’Affamée à La Folie en tête »
– Alison Péron : « Isabelle, « encore elle, toujours elle ». Etude d’un personnage envahissant et reparaissant »
– Mireille Brioude  « L’Affamée, genèse d’une œuvre »

Informations

Lire Violette Leduc aujourd’hui

La publication de La Bâtarde en 1964, avec une préface de Simone de Beauvoir, a paradoxalement permis à Violette Leduc de conquérir une légitimité littéraire. Elle apparaît alors comme l’une des voix les plus audacieuses dans la production littéraire des femmes et comme l’une des plus subversives dans les représentations du masculin et du féminin.

Cinquante ans plus tard, le présent ouvrage propose un nouveau portrait de Violette Leduc : à partir de l’étude de ses manuscrits et de sa correspondance, il analyse à la fois ses choix esthétiques singuliers et les multiples résonances de son œuvre dans la littérature, les arts plastiques, le cinéma et le théâtre d’aujourd’hui.

Le livre comprend également un cahier iconographique et deux textes inédits, « Chanson du pénis » et « Fantasme des cinq cents verges », dans lesquels Violette Leduc s’empare de l’érotisme avec humour, liberté et vigueur.

Avec Mireille Brioude, New York University-Paris, mai 2017

Le livre sera présenté à la librairie Violette and Co le vendredi 9 juin à 19h.

A la librairie Violette and Co avec Olivier Wagner, Clara Bonelli, Carlo Jansiti, Mireille Brioude, Alison Péron, Catherine Florian

Journée d’étude autour de l’oeuvre de Violette Leduc

Journée d’études autour de Violette Leduc

Mardi 23 mai 2017, NYU Paris

Organisatrices : Kiev Renaud (McGill University), Kaliane Ung (New York University)

 

Programme

10h30 Accueil des participants et petit-déjeuner

11h00 Effeuillage des manuscrits

Mireille Brioude: « Personnages féminins : personnages secondaires ? Les feuillets inédits de La Chasse à l’amour »

Alexandre Antolin: « Ravages : Violette Leduc, veuve d’Isabelle P. »

Anaïs Frantz: « La Folie en tête : le manuscrit nu en chemise »

Caé Masséna: « Insurrections littéraires : face à la censure, l’écriture ravagée du féminin dans « Amour » de Marie Vieux-Chauvet et « La main dans le sac » de Violette Leduc »

12h30 Collation

13h30 Dans la noirceur de la chambre…

Sandrina Joseph: « Recueille-moi, réduit » : la chambre comme théâtre du désespoir amoureux dans L’Affamée

Kaliane Ung: « Les viols de Violette dans l’Asphyxie et Trésors à prendre »

Kiev Renaud: Les soins de beauté pour « effacer [l’]âge » : muséification du corps humain chez Violette Leduc

15h00 Pause café

15h30 Retour au monde, retour au manque

Sarah Rocheville: « Mon avenir ne ressemble pas au leur » : le temps sans doublure de Violette Leduc

Frédérique Collette: Le fardeau des défauts : Violette Leduc et l’écriture de la honte

Ghyslaine Charles-Merrien: « Violette Leduc et Monique Lange : une histoire de poissons-chats »

Luana Doni: Aux alentours de l’absence : réflexions sur L’Asphyxie et sur L’Affamée de Violette Leduc

* * *

RSVP obligatoire : khu202@nyu.edu

Les places sont limitées. Un contrôle d’identité se fera à l’entrée de NYU Paris dans le cadre du plan vigipirate.

Responsable :

Kaliane Ung

url de référence

https://violetteleduc.net/

Soutenance de thèse sur l’oeuvre de Violette Leduc

Soutenance de thèse Mme Alison PERON

le 11 mars 2017
à 14h00 (heure de Paris)

Doctorat littérature et civilisation françaises

à l’adresse suivante :
Salle Max Milner (E.D.120 Littérature française et comparée) – Galerie Rollin – esc. C, 2ème étage – 17, rue de la  Sorbonne 75005 PARIS

La soutenance est publique.

Titre des travaux :
La poétique du décentrement dans l’oeuvre de Violette Leduc

Ecole doctorale : Littérature française et comparée

Section CNU : 09 – Langue et littérature françaises

Equipe de recherche : THALIM (Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité)

Directeur : Mme Mireille CALLE-GRUBER, Professeur émérite

Membres du jury :

Mme Isabelle ALFANDARY, Professeur des universités
Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Mme Mireille CALLE-GRUBER, Professeur émérite
Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Mme Yasmina FOEHR-JANSSENS, Professeur des universités
Université Genève (Suisse)

Mme Anaïs FRANTZ DE SPOT, Experte

Mme Maribel PENALVER VICEA, Maître de conférence – HDR
Université d’Alicante (Espagne)

Rencontre à la librairie Violette and Co

vendredi 17 février 2017

Rencontre avec DANIELLE CONSTANTIN pour l’ouvrage co-dirigé avec CATHERINE VIOLLET « Genre, sexes, sexualités » en présence de MIREILLE BRIOUDE, ANAÏS FRANTZ et ALISON PERON – 19h

Genre, sexes, sexualités. Que disent les manuscrits autobiographiques ? (PURH)

Les questions de genre, de sexes et de sexualités, envisagés dans leur pluralité, constituent un domaine majeur de l’expérience humaine et un vaste champ de recherche qui concerne toutes les pratiques, tant sociales que symboliques, et tout particulièrement le langage et l’écriture. Ces notions permettent d’interroger les idées reçues, de déconstruire les évidences et d’explorer les textes sous un angle neuf.

Les écrits autobiographiques abordent certains aspects de la vie humaine, parmi les plus secrets, les plus intimes, notamment les relations complexes entre les sexes et le genre (comme construction de la relation entre le biologique et le social), entre les sexes et les différentes sexualités, entre le genre et les sexualités. L’étude des processus de genèse de ces écrits suppose de prendre en compte les contraintes, tant matérielles que symboliques, liées à ces catégories qui structurent la société, et à cerner leur fonctionnement dans la production des textes. Les recherches sur le genre, les questions d’identités sexuelles, et sur les représentations discursives des sexualités qui leur sont liées trouvent ainsi dans l’étude de la genèse de textes autobiographiques un matériau de choix, en raison d’un pacte d’authenticité : lieux par excellence d’élaboration créatrice, ils portent trace de conflits, d’enjeux, d’ambiguïtés et de contradictions, d’autocensure et de censure, d’ajustements entre reproduction et subversion des normes, de métamorphoses propres au processus de production.

Genre, sexes, sexualité. Que disent les manuscrits autobiographiques ? réunit treize articles qui veulent rendre compte de l’originalité et de la pertinence d’analyses littéraires se situant au croisement, encore trop peu exploré, d’un questionnement sur le genre, les sexes et les sexualités, de recherches sur les formes autobiographiques et de travaux en critique génétique. Les analyses présentées dans ce volume se penchent sur des textes et des avant-textes du domaine français (Herculine Barbin, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux, Marie-Edmée, Violette Leduc, Yves Navarre) et étranger (Géza Csáth, Samuel Taylor Coleridge, Jack Kerouac, Anaïs Nin). Il inclut une bibliographie des publications de Catherine Viollet, une pionnière dans la rencontre des analyses génétiques sur les textes autobiographiques et des études de genre.

Avec les contributions de : Emeline André, Mireille Brioude, Nicole Cadène, Mateusz Chmurski, Danielle Constantin, Simon Dubois Boucheraud, Anaïs Frantz, Marion Krauthaker, Sylvie Lannegrand, Julie LeBlanc, Kimberley Page-Jones, Alison Péron et Catherine Viollet.

Catherine Viollet (1949-2014) est entrée en 1976 à l’ITEM-CNRS/ENS où elle a travaillé comme chercheuse jusqu’en 2014 tout en animant depuis sa fondation en 1995 l’équipe « Genèse et autobiographie ». Ses nombreux travaux se sont penchés sur des textes germanophones, francophones et russophones en privilégiant les études de genre et, avec Elena Gretchanaïa, le corpus des diaristes russes écrivant en français au XIXe siècle. Elle s’est intéressée à des figures majeures de la littérature (Proust, Thomas Mann) comme à des écrivaines moins canoniques telles que Christiane Rochefort ou Violette Leduc ou aux écritures dites ordinaires. Ce volume posthume lui est dédié.

Danielle Constantin est docteure en littérature comparée de l’Université de Toronto. Depuis 2004, elle est chercheuse associée à l’ITEM-CNRS/ENS à Paris. Elle a publié Masques et mirages. Genèse du roman chez Cortázar, Perec et Villemaire (New York, Peter Lang, 2008) et codirigé, avec Jean-Luc Joly et Christelle Reggiani, Espèces d’espaces perecquiens (Bordeaux, Le Castor astral, 2015).

Mireille Brioude, Anaïs Frantz et Alison Peron font partie du groupe de travail sur les manuscrits de Violette Leduc créé et qu’a dirigé Catherine Viollet au sein de l’ITEM-CNRS-ENS.

Cette soirée sera l’occasion de rendre hommage à Catherine Viollet.

Séminaire de Master – De la pudeur féminine à l’impudeur littéraire

C’est par le biais du texte, de la lecture et de l’interprétation, pudiquement-impudiquement donc, qu’on approchera ce qui est en jeu dans le geste qui consiste à voiler ou à dévoiler le corps des femmes et qu’on essaiera de comprendre ce que recouvre, dans l’Histoire de la littérature française et francophone, le passage d’une tradition de la pudeur féminine à une littérature féminine et féministe perçue ou voulue impudique.

Hiver-printemps 2017, Vendredi matin à La Sorbonne Nouvelle Paris 3

Dictionnaire sauvage Pascal Quignard

Le Dictionnaire sauvage Pascal Quignard, ponctué d’affiches ou encore de dessins que l’écrivain effectue cependant qu’il écrit un livre et qui constituent une véritable archive de l’écriture, est l’œuvre d’un collectif de chercheurs et d’universitaires du monde entier. Près de trois cents entrées, répertoriées par ordre alphabétique et complétées d’une bibliographie exhaustive, offrent des clés de lecture et ouvrent de multiples parcours croisant divers domaines (lettres et arts, sciences, philosophie, langues et cultures antiques et contemporaines, anthropologie) qui sont autant de lieux, pour Pascal Quignard, d’une recherche insatiable de l’âme.

Pascal Quignard participe lui-même à cette élaboration sous la forme d’un dialogue avec Mireille Calle-Gruber. Dès l’A, il explicite son rapport au savoir, à la bibliothèque qu’emblématise l’exercice du dictionnaire ; le qualificatif de « sauvage » préservant quant à lui la part indomptable de la connaissance et en particulier de la cosmogonie de son œuvre.

Ce Dictionnaire, guide à plusieurs voix, dessine une cartographie de l’œuvre. Volume de ressources et de références incontournable, il est le meilleur garant d’une approche capable de faire prendre toute la mesure de l’interrogation originaire qui se joue au secret de l’écriture de Pascal Quignard.

Dictionnaire sauvage Pascal Quignard

Dictionnaire sauvage Pascal Quignard

Dossier sur Diacritik

Avec Mireille Calle-Gruber

Avec Mireille Calle-Gruber

Le contrôle du corps des femmes dans les Empires coloniaux

Entretien avec Martine Spensky

Anaïs Frantz : En contexte colonial, le corps des femmes est confronté à un double contrôle : patriarcal et colonial. Michel Foucault parle de « biopouvoir » : un pouvoir qui s’exerce sur la vie, en particulier sur le corps féminin en tant qu’organe de la reproduction de la vie humaine dans ses dimensions sociale, culturelle et raciale. Comment en êtes-vous venue, dans vos recherches, à articuler cet outil d’analyse foucaldien que sont les biopolitiques avec la question du genre et des empires coloniaux ?

Martine Spensky : D’abord, il faut bien préciser que Foucault, qui théorise ce qu’il entend par « biopolitiques » dans le Livre I de son Histoire de la Sexualité (Chapitre V, 1976) et dont toute l’œuvre est construite autour de l’analyse des rapports de pouvoir, ne s’intéresse ni aux rapports de genre ni aux rapports coloniaux. En effet, si l’on prend la genèse du concept de biopolitique, il s’agit dans un premier temps d’un droit, détenu par le souverain – occidental –de vie ou de mort sur ses sujets ; il peut leur ordonner d’aller faire la guerre, de mourir pour lui et, quand ils lui désobéissent, il peut légitimement les faire supprimer. Ce droit, dans sa forme ancienne et absolue, est le droit de « faire mourir ou de laisser vivre » que détient le pouvoir, symbolisé par le glaive. Or, depuis l’âge classique, ces mécanismes de pouvoir ont subi une transformation et le pouvoir se donne aujourd’hui pour tâche de « gérer la vie ». Il s’agit « d’un pouvoir destiné à produire des forces, à les faire croitre et à les ordonner plutôt que voué à les barrer » ou à les détruire. Les guerres se font maintenant au nom de la défense de toute une population et non plus de celle du roi. C’est pour cette raison, selon Foucault, qu’elles tuent autant.

[…]

Pourquoi lire Thérèse et Isabelle aujourd’hui?

Pourquoi lire Thérèse et Isabelle aujourd’hui?

Parce que la question ne devrait pas se poser. — Se demanderait-on pourquoi lire Madame Bovary ? Or Emma et Thérèse se ressemblent. Toutes deux jeunes filles de province, cloîtrées dans un destin qui les ennuie, elles cherchent une échappatoire dans la lecture et dans l’amour. Leur destin se rappelle cependant bientôt à elles par le truchement de la censure qui sanctionne leur aspiration à la sensualité. Elles en sortent toutes deux amputées. Même si pas tout à fait de la même façon. Flaubert est conscient en écrivant son roman que celui-ci va choquer. Il est préparé au procès qui l’attend. L’Histoire littéraire garde de celui-ci le tableau d’un combat héroïque entre l’artiste armé de son seul style et la morale bourgeoise collet monté. En revanche, le refus de Gallimard de publier la première partie de Ravages (1955) tombe sur Violette Leduc tel le couperet d’une guillotine. Vingt ans après l’écrivaine parle encore d’ “assassinat”[1]. Sa protectrice et guide Simone de Beauvoir s’était elle-même rangée du côté des censeurs : “Elle décrit par le menu comment une fille en dépucelle une autre, et ce qu’elle fait avec ses doigts, et ce qui en découle dans le sexe de l’autre, un tas de tripatouillages atroces qu’ensemble elles inventent avec du sang, de l’urine et ainsi de suite”, avait-elle écrit à Nelson Algren[2]. Tandis que le réalisme de Flaubert suscite l’admiration, la crudité de Leduc provoque le dégoût. Flaubert et son œuvre sortent grandis du procès de Madame Bovary ; Violette Leduc mutilée de la censure de Ravages. Après le succès de La bâtarde (1964) où l’épisode coupé a été partiellement repris, Thérèse et Isabelle (1966) paraît enfin sous la forme d’un livre à part. Pour l’écrivaine, il s’agira toujours d’un roman mort-né. “Pauvre poisson”, écrit-elle dans La chasse à l’amour (1973)[3].

[…]

Un manuscrit de La Folie en tête à la BNF

La Bibliothèque nationale de France vient de faire l’acquisition du manuscrit de La Folie en tête, roman de Violette Leduc paru en 1970. Inconnu jusqu’ici, ce document unique offre une version très différente du texte imprimé qui avait été publié peu de temps avant la disparition de son auteur. Ce manuscrit, qui comprend de nombreux passages inédits, est par ailleurs le premier de Violette Leduc à rejoindre les collections de la BnF.

 

Les manuscrits de Violette Leduc – séminaire

es manuscrits de Violette Leduc – dans le cadre du séminaire de l’ITEM « autobiographie et correspondances ».

28 mai 2016 à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, 45 rue d’Ulm, 10h-13h, salle Beckett

-Hommage à Catherine Viollet

Alexandre Antolin « Echanges économico-sexuels dans Ravages, étude de la scène inédite du taxi »

Olivier Wagner « Fragilités biographiques, le récit de soi à l’épreuve des sources complémentaires : la relation Sarraute/Leduc dans La Folie en tête. »

Anaïs Frantz « Violette Leduc ou la maladie de la vie. Etude des cahiers manuscrits de La Chasse à l’Amour »

Mireille Brioude « L’excipit de La Chasse à l’Amour : les révélations des derniers feuillets manuscrits. »

 

Ecole Normale, Paris, 28 mai 2016

Ecole Normale, Paris, 28 mai 2016

« Dentelles » de Maël Baussand – entretien sur Point[s] d’accroche

"Dentelles" de Maël Baussand, 2013

« Ici je parle de mon sang, je parle de quand je saigne », écrit Maël Baussand au sujet de sa série photographique intitulée « Dentelles ». Au début des années 1990, dans le film La pudeur ou l’impudeur, Hervé Guibert exhibait le secret de son sang travaillé par la mort car contaminé par la maladie alors jugée « honteuse » du SIDA :

Bien avant la certitude de ma maladie sanctionnée par les analyses j’ai senti mon sang tout à coup découvert, mis à nu, comme si un vêtement l’avait toujours protégé sans que j’en aie conscience. Il me fallait vivre désormais avec ce sang dénudé et exposé à toute heure, dans les transports publics, dans la rue quand je marche […] Est-ce que cela se voit dans les yeux ?

Presque cinquante ans après les « sorcières » de la deuxième vague, le sang féminin reste dans l’imaginaire collectif et les représentations de l’ordre de l’imprésentable, maladie « honteuse » d’une féminité associée à l’impureté. Le marché le recouvre du voile hygiénique des tampons qui l’absorbent, le rendant invisible et inodore. Les réflexions féministes l’évacuent souvent de peur de l’accusation d’ »essentialisme », le retranchent pour revendiquer un corps construit, technique, transformable. Avec « Dentelles », Maël Baussand lève le voile de l’imprésentable. L’artiste met à nu le sang féminin. Elle en révèle la violence et la beauté, scrute la vie et la mort à l’œuvre sur ses tampons tachés. Son geste, à la fois impudique et pudique, cru et tendre, intime et universel, renoue avec ce que Nelly Arcan appelait « la plus vieille histoire des femmes », à savoir « celle de l’examen de leur corps, celle donc de leur honte ». Elle invite à en renouveler l’appréhension.

SUITE

Catherine Viollet ou « La violente discrète »

Un dossier hommage de la revue « Miroir / Miroirs » n°4 est consacré à Catherine Viollet, qui nous a quittés en septembre 2014.

 

« Ô vous les violettes ! »…
Renée Vivien

Il y a des sujets et des auteur-e-s qu’il est préférable, et qu’il était, il y a dix ou vingt ans, nécessaire, d’éviter dans le monde universitaire, au risque, pour les entêté-e-s, d’être marginalisé-e-s et d’emblée écarté-e-s de la course aux honneurs académiques. L’œuvre de Violette Leduc en est : œuvre de « bâtarde », autrement dit de marginale, de femme résolument libre confiant au lecteur et à la lectrice, par-delà toute préoccupation morale et dans l’intimité du rapport textuel, les fantasmes sexuels les plus débridés – déflorer une collégienne, être aimée comme un homosexuel, souffrir d’amour pour une hétérosexuelle, aimer un hétérosexuel comme « une mariée » bien membrée … Les romans de Violette Leduc n’ont de fait pas manqué d’effrayer l’ordre institutionnel de l’Université, de même qu’ils avaient, au moment de leur publication, agité la Maison Gallimard jusqu’à susciter la censure de Ravages en 1955.

Difficile, délicat, voire insensé était encore, au début des années 2000, le projet d’entreprendre des recherches universitaires sur l’œuvre leducienne. Les professeurs spécialistes susceptibles de les diriger manquaient. C’est à l’occasion d’une rencontre organisée autour de la publication de la correspondance de l’écrivaine, à la bien nommée Librairie Violette and Co –d’ailleurs située, dans le 11e arrondissement de Paris, non loin du « réduit »  où Violette Leduc vécut –, que je rencontrai Catherine Viollet. Pour la première fois, un membre titulaire du monde de la Recherche parlait avec passion de l’écriture de Violette Leduc. Davantage, pour la première fois, un chercheur invitait à travailler sur son œuvre. Répondant aussitôt à l’appel, je pris contact avec Catherine qui me parla des manuscrits de La Chasse à l’amour  qu’elle avait le projet d’étudier. Le groupe « Violette Leduc » fut créé à l’ITEM  quelques années plus tard.

Catherine Viollet travaillait au sein de l’équipe « Genèse et Autobiographie » (ITEM) depuis sa fondation en 1995 par Philippe Lejeune. Elle y avait développé, notamment via le séminaire mensuel qu’elle animait, ainsi qu’à travers un grand nombre de publications , une réflexion pionnière et courageuse sur l’approche génétique du sujet de l’écriture et de l’inscription du genre dans les manuscrits. Ses auteurs de prédilection étaient Marcel Proust et Violette Leduc ; elle s’intéressait aussi, entre autres écrivain-e-s, à Christiane Rochefort et, en germaniste qu’elle était, à Ingeborg Bachmann et à Christa Wolf. La mémoire familiale et les journaux personnels, dernièrement les journaux russes francophones qu’elle explorait avec Elena Gretchanaia, faisaient également partie de son corpus.

Il fallait du courage en effet pour introduire des auteurs féminins et une perspective de genre dans un milieu aussi masculin et normé qu’est celui de la Recherche, occupé pour ce qui est de l’ITEM pour 98 à 99 % de textes hétérocentrés écrits par des hommes . Le groupe « Violette Leduc » faisait doublement exception : parce qu’il était consacré à une femme d’abord, et parce que cette femme n’était ni George Sand ni Colette ensuite, mais une écrivaine ignorée des programmes scolaires et universitaires, que les collègues normaliens de Catherine confondaient avec l’architecte Viollet-Le-Duc .
Lorsqu’elle organisait des rencontres et des débats, Catherine Viollet veillait toujours à ce que « les mecs », comme elle disait, ne monopolisent pas la parole. Extrêmement vigilante, sur le qui-vive concernant les questions de genre, qu’il s’agisse de l’appropriation du discours par les hommes, ou des propos sexistes ou discriminatoires tenus envers les femmes et les lesbiennes, elle ne faisait cependant pas d’éclat. Féministe discrète et têtue, elle œuvrait en résistante. Telles Les Guérillères de Monique Wittig , elle faisait la révolution dans le retrait de la lecture et de l’écriture. Poser des « questions de sexe, questions de genre »  dans le cadre de son séminaire de la rue d’Ulm, créer un groupe « Violette Leduc » à l’ITEM, constituaient en soi une bombe.

Discrète, Catherine Viollet l’était aussi dans les réunions avec les collègues proches avec lesquel-le-s elle partageait des projets de recherche et de publication. Malgré sa grande expérience et son impressionnante bibliographie, elle apparaissait presque effacée, attentive, d’une rare humilité. Elle prenait note de toutes les propositions qui étaient faites, sans jamais juger, accueillait chaque initiative avec chaleur et un intérêt sincère. Et ce faisant, modestement mais sûrement, elle savait exiger de tous et toutes la rigueur, le souci de l’exactitude, l’acharnement dans la recherche qui caractérisaient ses travaux.

Son dernier travail d’édition témoigne de la patience et de la précision qui étaient les siennes dans l’étude génétique. Je veux parler du texte inédit de Violette Leduc qu’elle a publié en 2014 aux éditions du Chemin de fer sous le titre La main dans le sac. « Véritable initiation érotique de la narratrice adolescente » , l’épisode, qui selon les dires de l’écrivaine constitua l’un des événements les plus marquants de sa vie, faisait probablement partie des pages censurées de Ravages mises à l’écart de l’édition finale. Soucieuse de transparence dans la recherche, et généreuse dans la transmission, Catherine Viollet livre plusieurs versions du manuscrit. Elle laisse au lecteur et à la lectrice le loisir de les découvrir par eux-mêmes, puis en propose une interprétation dans une postface exigeante d’une grande sensibilité littéraire.
Il faut souligner la chance que représente l’approche génétique pour le chercheur en littérature. Entrer en contact avec les manuscrits de l’écrivain apporte une connaissance intime de l’œuvre qui reste inaccessible au lecteur et à la lectrice de l’ouvrage publié. Suivre les hésitations, ratures, questionnements de la main en travail est une expérience organique et intense.

C’est cette chance que Catherine Viollet a mise à la disposition du groupe « Violette Leduc » . S’est entreprise grâce à elle une recherche passionnante sur l’écriture et l’édition de La Chasse à l’amour à laquelle chacune consacrait volontiers, en « bénévoles » de la recherche, quelques heures grappillées sur des semaines par ailleurs chargées.

La paronomase qui lie « Viollet » et « Violette » m’a toujours semblé crypter un cheminement secret, indiquer une trajectoire obstinée et farouche : celle des violentes discrètes. Renée Vivien, traductrice de Sapho, ne vouait-elle pas un culte à la violette ? « Ô vous les violettes ! » … Que sous une « pluie de violette à odeur de lilas » , absente de tous bouquets, Catherine repose désormais.

« Je vis un tombeau sans fleurs dans un cimetière où s’épanouissaient toutes les fleurs du regret et du souvenir, – les roses pâles comme la souffrance, les pensées sombres comme le remords et les violettes tristes comme le rêve » …

Anaïs Frantz

Violette Leduc La Chasse à l’amour à la Bibliothèque Faidherbe

E. Hoffenberg / Les films du Poisson

VIOLETTE LEDUC, LA CHASSE À L’AMOUR D’ESTHER HOFFENBERG (2013, 57 MN)

Venez découvrir la vie de Violette Leduc, l’auteure de  La Bâtarde, proche de Simone de Beauvoir, qui a vécu dans un immeuble situé au 20 rue Paul Bert dans le 11e arrondissement, à deux pas de la bibliothèque Faidherbe.

« Si on entreprend une autobiographie, il faut y aller à fond ».

Violette Leduc a offert sa vie aux lecteurs, avec une « sincérité intrépide » louée par Simone de Beauvoir, qui devint dès 1945 son éditrice et son amie fidèle.

50 ans après le succès public de « la Bâtarde » en 1964, il est temps de redécouvrir que le style et la liberté de Violette Leduc sont toujours aussi actuels.

A travers les archives, les documents filmés, les évocations par ceux qui l’ont connue ou l’étudient, et les lectures d’extraits choisis, le film entrelace passé et présent, Paris et la Haute Provence, à la rencontre de cette femme qui a bravé les tabous en faisant de sa solitude et de ses passions « impossibles » une grande œuvre littéraire.

Esther Hoffenberg débute avec la réalisation d’un long-métrage documentaire en 1980 : Comme si c’était hier, coréalisé avec Myriam Abramowicz. Elle crée la société de production et de distribution LAPSUS en 1989, et produit une soixantaine de films documentaires. Les deux vies d’Eva marque son retour à la réalisation en 2005, suivi par Discorama, signé Glaser (2007) Au pays du Nucléaire (2009) et Violette Leduc, la chasse à l’amour (2013).

Projection en présence de la réalisatrice

La Revue Point[s] d’accroche

Chères toutes, chers tous,

Nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement de la revue numérique Point[s] d’accroche, revue de pensées plurielles féministes qui veut permettre aux lectrices et aux lecteurs de tous horizons d’interéagir et agir autour des questions de genre, de sexe et de sexualités qui seront posées via son interface.

Point[s] d’accroche comprend trois rubriques :

-des Dossiers biannuels travaillant une problématique donnée de façon pluridisciplinaire, à travers des textes mais aussi des créations ;

-une section appelée « Les Marginales » mobilisant une réflexion interactive avec les lectrices et les lecteurs de la revue sur l’actualité culturelle, scientifique et politique concernant les questions féministes et de genre ;

-une rubrique « Archives » redonnant à lire et à voir des documents oubliés ou laissés de côté appartenant à la genèse et à l’histoire des féminismes et du genre.

Point[s] d’accroche vous propose actuellement :

-un appel à contribution pour le Dossier 1 : « Comment devenir et s’affirmer sujet par-delà le pénis puissant et le clitoris érectile ? » ;

-deux entretiens dans Les Marginales : l’un avec Hélène Milano au sujet du film Les Roses noires ; l’autre avec Stéphane Corbin au sujet de l’album Les Funambules ;

-un document d’Archives sur les féminismes et la chanson.

Nous vous invitons à participer activement et régulièrement à la revue en contribuant aux Dossiers thématiques, en réagissant aux sujets discutés par les Marginales, en suggérant des documents pour Archives.

Nous attirons particulièrement votre attention sur la section des Appels à contribution.

Ci-après vous trouverez l’url de la revue : http://www.pointsdaccroche.com

Nous vous remercions de faire connaître largement ce lien.

Dans l’attente des échanges à venir,

Bien à vous,

Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Anaïs Frantz, Elsa Polverel, éditrices de la revue

Point[s] d’accroche c’est aussi…

Graphisme et illustrations d’Elisa Frantz

Développement web par Damien Richard

La revue Point[s] d’accroche est soutenue par l’association ARCS

Point[s] d'accroche par Elisa Frantz

Point[s] d’accroche par Elisa Frantz

Film Alphabet

Alphabet, film d’Erwin Wagenhofer, 2013

De la France à la Chine, de l’Allemagne aux Etats-Unis, Alphabet remet en cause un système éducatif totalement axé sur la compétition et les résultats quantitatifs au détriment des capacités imaginatives. Prenant à témoin des experts en éducation tels que Sir Ken Robinson, un responsable de PISA ou Arno Stern, le réalisateur boucle avec ce film la trilogie entamée avec WE FEED THE WORLD et LET’S MAKE MONEY.

Le Closlieu d'Arno Stern dans le film Alphabet

Le Closlieu d’Arno Stern dans le film Alphabet

Journée d’étude au Théâtre national de Bordeaux

Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien – France

PROGRAMME ET INSCRIPTION: lacanavecwedekind.fr

J O U R N É E  D ’ E T U D E

Organisée par

Pôle 7, Bordeaux-Région. Pôle 8, pays des Gaves et de l’Adour. Pôle 9, Ouest

et le Théâtre National Bordeaux Aquitaine

Lacan avec Wedekind : la face cachée d’un masque

Le samedi 13 juin 2015 à Bordeaux

9h – 18h

THEÂTRE NATIONAL BORDEAUX AQUITAINE

3, place Renaudel

En 1891, Frank Wedekind écrit L’éveil du printemps. Freud y lira une part de ce qu’il établit quelques années plus tard. En 1974, Brigitte Jaques Wajeman met en scène cette tragédie enfantine et donne à Lacan l’occasion d’écrire un texte nouant au mystère du langage le trou que la sexualité fait dans le réel. En 2015, les personnages de cette tragédie enfantine – auxquels les étudiants de l’Ecole de théâtre, l’ESTBA, donneront souffle –  font toujours valoir les questions qui animent la façon dont chacun se débrouille, pas sans les autres, de ce qu’il n’y a pas de rapport sexuel qui puisse s’écrire. Questions essentielles qui requièrent une invention, si minime soit-elle, pour soutenir le choix du sexe.

Commission scientifique : cartel composé de Jacques Adam (Plus-un), David Bernard, Marie-Noëlle Jacob-Duvernet, Marie-José Latour, Philippe Madet.
Commission inter pôles : Jean Michel Arzur (pôle 9), Cécile Belliot (pôle 9), Christine de Camy (pôle 8), Michel Deguilhem (pôle 7), Ahmed Djihoud (pôle 7), Alain Latour (pôle 8), Marie Noëlle Laville (pôle 7), Céline Martinez (pôle 7), Géraldine Narzabal (pôle 7), Jacques Vauconsant (pôle 9).

 

Programme:

9h. Café d’accueil

9h30 – 11h. Ouverture, animée par Jacques Vauconsant

  1. -Lecture d’extraits choisis de L’éveil du printemps par les élèves de l’ESTBA.
  2. Philippe Madet, psychanalyste: « Est-ce une affaire d’époque ? »
  3. François Regnault,  traducteur, collaborateur de Brigitte Jaques Wajeman: « Mais le vert paradis des amours enfantines. »

11h15 – 13h. Premier mouvement, animé par Alain Latour

  1. -Lecture d’extraits choisis.
  2. Anaïs Frantz, enseignante et chercheure en littérature: « L’éveil du printemps ou les drames de la pudeur. »
  3. David Bernard, psychanalyste: « Les mystères du langage. »

13h – 14h30. Pause déjeuner

14h30 – 15h30. Deuxième mouvement

  1. -Lecture d’extraits choisis.
  2. Brigitte Jaques Wajeman, metteur en scène et Marie-José Latour, psychanalyste: Entretien, « Le point de rencontre entre passé et avenir est une tâche infinie »

15h45 – 17h30. Troisième mouvement, animé par Jean-Michel Arzur

  1. -Lecture d’extraits choisis.
  2. Marie-Noëlle Jacob-Duvernet, psychanalyste:  « L’échappée comme belle. »
  3. Jacques Adam, psychanalyste: « La jouissance masquée. »

17h30 – 18h. Cadence finale

  1. -Ponctuations par les organisateurs de la journée
  2. -Lecture d’extraits choisis.

 

 

 

Groupe de recherche « Violette Leduc »

Le groupe de recherche « Violette Leduc » créé à l’ITEM par Catherine Viollet a été accueilli au sein de l’équipe « Autobiographie et correspondances ».

Le groupe « Violette Leduc » a été fondé par Catherine Viollet dans le cadre de l’équipe « Genèse et autobiographie » de l’ITEM. Il est désormais rattaché à l’équipe « Autobiographie et correspondances ». Il est composé de Mireille Brioude, Anaïs Frantz et Alison Péron.

Depuis sa création en 2012, le groupe « Violette Leduc » travaille sur la genèse de l’œuvre leducienne. Son premier objectif est d’étudier les manuscrits du dernier volume de la trilogie autobiographique de l’écrivaine, La Chasse à l’amour (Gallimard, 1973), publié de manière posthume par Simone de Beauvoir.

Les travaux du groupe « Violette Leduc » :

  •  Participation au film documentaire d’Esther Hoffenberg, Violette Leduc La Chasse à l’amour, Les films du Poisson/Arte, 2013
  •  Journée d’étude « Genèse & Autobiographie » de l’ITEM, 1er juin 2013. Le groupe a présenté les premiers résultats de ses recherches.
  • Dossier « Violette Leduc La Chasse à l’amour » in La Faute à Rousseau sur « Masculin Féminin », n°64, oct. 2013 (p. 57-60)
  • Dossier « Violette Leduc La Chasse à l’amour », (à paraître) dans Danielle Constantin, Catherine Viollet (éds.), Sexes, genres, sexualités. Que disent les manuscrits autobiographiques ?, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2015
  • Colloque « La Bâtarde a cinquante ans » : organisation d’un colloque international à l’École Normale supérieure et à La Maison de la Recherche de Paris 3, les 17 et 18 octobre 2014. Publication des actes en cours.

Colloque Violette Leduc

LA BÂTARDE A CINQUANTE ANS

Violette La Bâtarde

Colloque international sur Violette Leduc 

organisé par Mireille Brioude, Anaïs Frantz, Alison Péron

les 17 et 18 octobre 2014

à la Maison de la Recherche de La Sorbonne Nouvelle-Paris 3

et à l’École Normale Supérieure de Paris

 ARGUMENTAIRE

La Bâtarde a cinquante ans. En 1964, Violette Leduc publie le premier tome de l’autobiographie qui, préfacée par Simone de Beauvoir, la rend célèbre. Écarté du Prix Goncourt à cause de son caractère trop audacieux, le livre rencontre néanmoins un succès éclatant auprès du public. Cinquante ans plus tard, la « Bâtarde » suscite un regard renouvelé sur son œuvre à travers le film de Martin Provost, le documentaire d’Esther Hoffenberg, la création d’un groupe de recherche « Violette Leduc » à l’ITEM, et la réédition de ses romans. Ouvert à tous, le colloque du cinquantenaire de La Bâtarde présente l’état actuel de la réception et de la recherche sur l’œuvre de Violette Leduc.

PROGRAMME :

 Vendredi 17 octobre 2014 – Matinée 9h30-12h30

Salle Claude Simon, Maison de la Recherche de Paris 3

-Ouverture

 -Séance 1 : La Recherche universitaire  

Modératrice : Anaïs Frantz

Clara Bonelli (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3) : « Violette Leduc et le corps universel »

Renaud Kiev (Université McGill) : « L’éblouissement de la beauté dans l’œuvre de Violette Leduc : la perfection n’est pas de ce monde même quand nous la rencontrons »

 Pause

Modératrice : Alison Péron

Ghyslaine Charles Merrien (professeur) : « Violette Leduc et la peinture »

Mireille Brioude (professeur/ITEM) : Clôture de la matinée

Vendredi 17 octobre 2014 – Après-midi 14h30-17h

Salle Claude Simon, Maison de la Recherche de Paris 3

 -Séance 2 : L’héritage leducien chez les écrivains et artistes contemporains

Table ronde modérée par Catherine Florian (Librairie Violette and Co, Paris)

Anne Garréta (écrivain)

Carole Achache (écrivain)

Cécile Vargaftig (écrivain)

Pause

Modératrice : Mireille Brioude

Kesso Saulnier (artiste, Québec) : « Deux êtres qui s’aiment et qui s’déchirent : projet d’intertextualité polyphonique avec les livres de Violette Leduc »

Céline Arnaud (actrice, France) : Présentation du spectacle Ma mère c’est mon père, d’après Violette Leduc (monté au Théâtre K en janvier 2014)

 Samedi 18 octobre 2014 – Matinée 10h-12h30

Salle des Résistants, École Normale Supérieure

 -Séance 1 : Manuscrits et Archives

Modératrice : Mireille Brioude

Mireille Brioude (professeur/ITEM) : Présentation de la publication par Catherine Viollet d’un inédit de Violette Leduc, La main dans le sac (éd. du Chemin de fer, 2014)

Anaïs Frantz (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3/ITEM) et Alison Péron (Université Paris 3/ITEM) : « Le cas René. Étude des manuscrits de La Chasse à l’amour »

Olivier Wagner (Bibliothèque Nationale de France) : « La correspondance entre Nathalie Sarraute et Violette Leduc »

 Samedi 18 octobre 2014 – Après-midi 14h30-17h

Salle des Résistants, École Normale Supérieure

 -Séance 2 : La vie et l’œuvre : témoignages

Modératrice : Ghyslaine Charles Merrien

Carlo Jansiti (biographe)

Jean-Claude Arrougé (ami de l’écrivain) : « Une grande qualité d’écoute »

 Pause

 -Séance 3 : Projection du documentaire Violette Leduc La Chasse à l’amour (Les Films du poisson, 2013)

Modératrices : Anaïs Frantz et Alison Péron

En présence d’Esther Hoffenberg (réalisatrice)

INFORMATIONS :

Le groupe « Violette Leduc » de l’ITEM a été fondé par Catherine Viollet. Il est composé de Mireille Brioude, Anaïs Frantz, Alison Péron.

L’événement a lieu à Paris le vendredi 17 octobre 2014 dans la Salle Claude Simon, Maison de la Recherche de la Sorbonne-Paris 3, (4, rue des Irlandais, Paris 5e), et le samedi 18 octobre 2014 dans la Salle des Résistants, Ecole Normale Supérieure, (45, rue d’Ulm, Paris 5e).

Contacts :

brioudemireille@gmail.com

alison.peron@hotmail.fr

anais.frantz@laposte.net

Plus d’informations : http://violetteleduc.net/

                       

Club de lecture Violette Leduc à la Librairie Violette and Co

samedi 20 septembre 2014

Première réunion du club de lecture de l’oeuvre de VIOLETTE LEDUC – 13h – 15h30

Suite à la rencontre « Lire Violette Leduc aujourd’hui » du 28 mars 2014 dans le cadre du programme des 10 ans de la librairie, nous proposons la création d’un club de lecture de l’oeuvre de Violette Leduc qui se réunira à la librairie. Ce club rassemblera des lectrices et des lecteurs qui aimeraient découvrir les textes de l’écrivaine ou en approfondir la connaissance. Afin de répondre aux attentes des personnes intéressées par cette proposition, de définir le contenu et de déterminer les modalités pratiques de fonctionnement, une réunion préparatoire s’est tenue à la librairie vendredi 23 mai à 19h.

La lecture de L’Asphyxie, publié chez Gallimard, coll. L’Imaginaire est proposée pour la première séance. Il s’agit de son premier livre, publié en 1946. Ce livre a l’avantage d’être court, de se présenter en une succession de tableaux, de rassembler pratiquement l’ensemble des thématiques chères à Violette Leduc.
Il est demandé à chacune d’une part d’avoir lu ce livre, (le rendu pourra être affectif et émotionnel et/ou analytique de ses thèmes et de son écriture), d’autre part de choisir un passage de 10 à 20 lignes pour éventuellement le lire lors de la séance.

La première séance est fixée au samedi 20 septembre de 13h à 15h30.
Puis : samedi 25 octobre, samedi 15 novembre, samedi 13 décembre, samedi 10 janvier.

Les personnes désirant participer à cette première séance devront s’inscrire au mail suivant : violette@violetteandco.com

Claude Simon Les Vies de l’Archive

Claude Simon

Le centenaire de la naissance de Claude Simon, Prix Nobel de Littérature 1985, et la publication d’une biographie de l’écrivain par Mireille Calle-Gruber aux Éditions du Seuil, étaient l’occasion de retraverser l’œuvre simonienne sous l’angle de l’archive. L’archive n’est pas tournée vers le passé : son geste archéologique se fait au présent de l’écriture, il se tourne vers les voies ouvertes par les lectures à l’à venir.
Ainsi est-ce à partir des nouvelles voies d’étude de l’œuvre qu’offre la recherche universitaire actuelle que les actes du colloque tenu en Sorbonne et à l’École Normale Supérieure en 2013 s’attachent à considérer la poétique d’une archive vivante par laquelle Claude Simon conjugue, dans ses romans, l’autorité des traces historiques avec la subjectivité de la mémoire sensorielle.
Au moyen, non seulement de l’examen de documents inédits qui mettent au jour la pluralité des genres littéraires et artistiques explorés par l’écrivain (romans, photographie, cinéma, théâtre), mais encore de l’analyse génétique des manuscrits, pour laquelle la science de la conservation patrimoniale s’allie aux technologies les plus récentes des humanités numériques, les auteurs du présent volume parcourent les « Vies de l’Archive » chez Claude Simon.

Violette Leduc à la Librairie Violette and Co

Rencontre organisée par la Librairie Violette and co

« Avec le groupe « Violette Leduc » de l’Institut des Textes et des Manuscrits (ITEM), au complet, composé de Catherine Viollet (CNRS équipe « Genèse et autobiographie ») de Mireille Brioude (direction du groupe, créatrice du site Violette Leduc) d’Anaïs Frantz (docteure) et d’Alison Péron (doctorante), ainsi que Cécile Vargaftig, écrivaine et scénariste. Catherine Florian qui animait la rencontre a lu des contributions d’écrivaines qui ne pouvaient pas être présentes. Le public a été largement invité à prendre la parole et à partager ses lectures et/ou relectures des livres de Violette Leduc. »

28.3.14

Rencontre à la Librairie Violette and Co

vendredi 28 mars 2014

DANS LE CADRE DES 10 ANS DE VIOLETTE AND CO : rencontre « Lire VIOLETTE LEDUC aujourd’hui » en présence de MIREILLE BRIOUDE, ANAIS FRANTZ, ALISON PERON, CECILE VARGAFTIG et CATHERINE VIOLLET – 19h

Il était évident que l’oeuvre de Violette Leduc (1907-1972), l’auteure de L’Asphyxie, L’Affamée, Ravages, Thérèse et Isabelle, Trésors à prendre…soit au programme des festivités de cette année anniversaire des 10 ans de Violette and Co. Le nom de la librairie est principalement en hommage à l’écrivaine.
C’est en référence à une rencontre qui a eu lieu à la librairie autour de l’ouvrage Lire Monique Wittig aujourd’hui co-dirigé par Benoît Auclerc et Yannick Chevalier (PUL, 2012)  que cette soirée est intitulée « Lire Violette Leduc aujourd’hui ». Nous avions organisé deux hommages évoquant sa vie et son oeuvre, l’une à propos de l’excellente biographie de Carlo Jansiti (Grasset, 1999) et l’autre à l’occasion de la parution de la correspondance de Violette Leduc que ce dernier a édité chez Gallimard en 2007. C’est autour de la lecture contemporaine de ses écrits que cette rencontre est orientée. Son oeuvre fut immédiatement, dès 1945, reconnue par ses pairs, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Nathalie Sarraute, Jean Genet, Jean Cocteau, Marcel Jouhandeau, mais elle ne rencontra la consécration publique qu’à la parution de La Bâtarde en 1964. Malgré ce succès qui se confirma, sans toutefois la même ampleur, avec la publication de La folie en tête puis de La chasse à l’amour, et la constitution d’année en année d’un cercle d’initié-e-s fervents admirateurs, elle reste une écrivaine méconnue et sous-estimée, sinon oubliée. A l’occasion de la sortie du film Violette de Martin Provost à l’automne 2013 et de la diffusion du documentaire Violette Leduc, la chasse à l’amour d’Esther Hoffenberg le 12 mars 2014 (Arte, 22h45) ainsi que de la réédition de certains titres par Gallimard, il semble que l’oeuvre de l’écrivaine connaisse un regain d’intérêt. Lors  de cette soirée du 28 mars, ce sont trois axes de lecture possibles qui seront abordés, celle faite par des chercheures, l’intérêt universitaire suscité par les textes de Violette Leduc, celle engendrée par des écrivaines qui peuvent témoigner de son influence dans leur propre travail, de la modernité de son écriture, et celle du public en général qui la découvre ou redécouvre.

Sera présent le groupe  « Violette Leduc » de l’Institut des Textes et des Manuscrits (ITEM), au complet, composé de Catherine Viollet (CNRS équipe « Genèse et autobiographie ») de Mireille Brioude (direction du groupe, créatrice du site Violette Leduc) d’Anaïs Frantz (docteure) et d’Alison Péron (doctorante). Assistera également Cécile Vargaftig, écrivaine et scénariste. Catherine Florian qui anime la rencontre lira des contributions d’écrivaines qui ne pourront pas être présentes. Le public est largement invité à prendre la parole et à partager ses lectures et/ou relectures des livres de Violette Leduc.

Sur ce site, la page « La Sélection de Violette » est entièrement consacrée aux ouvrages de et sur Violette Leduc.

http://www.violetteandco.com/librairie/spip.php?article679

Présentation d’ouvrages

La prochaine séance du séminaire de recherche « Peut-on penser une écologie culturelle ? Genre, littérature, francophonie, études post-coloniales : transits » organisé par Mireille Calle-Gruber et Jean Bessière, dans le cadre des activités du Centre de Recherches en études féminines et de genre/ EA 4400/ THALIM, aura lieu le vendredi 31 janvier 2014 de 13h à 16h en Sorbonne.

Seront présentés deux ouvrages:

-Anaïs Frantz, Le Complexe d’Eve : la pudeur et la littérature. Lectures de Violette Leduc et Marguerite Duras, Honoré Champion, 2013

-Anaïs Frantz, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Mireille Calle-Gruber, Fictions des genres, éd. univ. de Dijon, 2013

Programme de la séance :

-Jean Bessière (Paris 3) : « Fictions des genres : un point de vue anthropologique. »

-Anaïs Frantz (Paris 3): « La pudeur, la littérature et les études féminines et de genre »

-Jacques Poirier (Univ. de Bourgogne) : « Quand la fiction a mauvais genre ».

-Discussion avec les signataires du volume Fictions des genres (EUD, 2013)  :

Mireille Calle-Gruber, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Anaïs Frantz, Eberhard Gruber, Sarah Jagodzinski, Alison Peron, Hervé Sanson

Fictions des genres

Fictions des genres

Sous la dir. de : Anaïs Frantz, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Mireille Calle-Gruber 

En tant que catégorie d’analyse, outil qui aide à penser, le genre s’intéresse à la littérature car, à travers ses intrigues et personnages, elle présente un miroir des sociétés passées et contemporaines, reflétant la condition féminine, les rapports hommes/femmes, ou encore les représentations de la sexualité, qui ont cours dans un espace-temps donné. En revanche, la dimension performative de la production littéraire est souvent négligée. La littérature est pourtant le lieu par excellence où, en amont des normes qui assignent les identités et séparent les genres, troubler les représentations, transformer le langage et façonner l’inconnu. Où découvrir et inventer d’autres configurations, d’autres logiques, d’autres genres. Ce sont ces fictions des genres que l’ouvrage entreprend d’explorer – de rêver – à partir de lectures d’auteurs œuvrant en marge des genres (littéraires et sexuels) institués : Claude Cahun, Violette Leduc, Monique Wittig, Emma Santos, Marguerite Duras, Jacques Derrida, Philippe Lacoue-Labarthe…

http://eud.u-bourgogne.fr/litterature/372-fictions-des-genres-9782364410640.html

Documentaire

Violette Leduc, la chasse à l’amour            

Documentaire, 57 min.,  2013.

Réalisateur(s):Esther Hoffenberg .

Violette Leduc La Chasse à l'amour

Violette Leduc La Chasse à l’amour

Résumé       « Si on entreprend une autobiographie, il faut y aller à fond » affirme Violette Leduc. L’homosexualité, l’avortement, la bâtardise, elle aborde chacun des sujets tabous des années 50 sans aucune hypocrisie. Sa « sincérité intrépide » lui apporte l’admiration et le soutien de Simone de Beauvoir.Presque 50 ans après le succès public de la Bâtarde, la force des livres de Violette Leduc reste intacte, autant que sa personnalité originale. Inspiré par le style poétique de Violette, le film compose le portrait d’un grand écrivain en avance sur son époque. Un hymne à la liberté et à la magie des mots.Rythmé par des extraits d’ouvrages lus par la comédienne Dominique Reymond, le film cède la parole à plusieurs intervenants renommés parmi lesquels la romancière Cécile Vargaftig, le biographe de Violette Leduc Carlo Janciti ou l’écrivain et cinéaste Claude Lanzmann, grand ami de Simone de Beauvoir. Il dévoile enfin des archives inédites à ce jour où apparaissent des contemporains de Violette Leduc tels que Jean Genêt ou Jacques Guérin.Commentaire lu par : Dominique Reymond

Conférence à l’ENS

La mère dans les manuscrits de Violette Leduc : un motif révélateur

Intervention de Anaïs Frantz, du groupe Violette Leduc, dans le cadre de la journée d’étude « Sexualités, genre, résistances. Genèse et autobiographie » de l’ITEM, organisée à l’ENS.

Depuis le premier roman publié, l’activité d’écrire est intimement liée, chez Violette Leduc, à la figure maternelle et à l’« inguérissable » de sa naissance bâtarde. Je me propose d’étudier la résurgence obsessionnelle du motif de la mère dans les manuscrits de La Chasse à l’amour à partir de trois exemples précis. Ratures et lapsus de genre grammatical, dans les Cahiers, témoignent en effet, d’une part, de l’inscription d’un genre social et sexuel indécidable : celui de Violette, l’enfant bâtard ; d’autre part, de la place ambivalente qu’occupe la mère dans les relations amoureuses ou fantasmées de Violette Leduc ; enfin, du rapport singulier qui existe dans l’imaginaire de l’écrivaine entre procréation et création littéraire. On parlera alors des repentirs de la bâtarde, à la fois au sens des lamentations de l’auteure qui n’en finit pas de revenir sur l’événement de sa naissance fautive, et au sens des ratures apportées à l’œuvre en cours d’exécution.

Colloque international 20-21 juin 2013

Colloque international « Mireille Calle-Gruber ou Les promesses de la littérature et des arts »

Ce colloque international, organisé par Melina Balcázar Moreno, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Anaïs Frantz et Élodie Vignon, docteures de Paris 3 et membres du CREF&G/LF, aura lieu dans :

  • la salle Bourjac de la Sorbonne (17, rue de la Sorbonne, Paris 5ème) : matinée du 20 juin
  • le Grand Amphithéâtre de l’Institut du Monde Anglophone (5, rue de l’Ecole de Médecine, Paris 6ème) : après-midi du 20 juin et 21 juin toute la journée.

Une soirée est également prévue à l’Espace des Femmes (35, rue Jacob, Paris 6ème) le jeudi 20 juin à 19h.

Écrivain, professeur de littérature et d’esthétique ayant enseigné en Tchécoslovaquie, en Égypte, en Italie, en Allemagne, au Canada, et en France, à Paris 8 Vincennes-Saint Denis puis à La Sorbonne Nouvelle-Paris 3, éditrice des auteurs et penseurs majeurs des XXe et XXIe siècles, Mireille Calle-Gruber n’a cessé de veiller à la transmission des textes et au dépassement des frontières entre les disciplines. Elle a travaillé avec Philippe Lacoue-Labarthe, Jacques Derrida, Michel Butor, Claude Simon, Claude Ollier, Hélène Cixous, Assia Djebar, Nelly Kaplan, Pascal Quignard. Elle est aussi l’auteur de plusieurs romans depuis Arabesque publié chez Acte Sud en 1985, jusqu’à Consolation paru à La Différence en 2010. Pour ses étudiants, Mireille Calle-Gruber est encore un professeur exceptionnel qui allie une personnalité attentive, hospitalière et chaleureuse, avec une intelligence pointue et généreuse, proposant une approche singulière et déterminante de la littérature, des arts et de la philosophie, autrement dit des Humanités. C’est à ce professeur-écrivain remarquable que ces deux journées veulent rendre hommage en rassemblant artistes, écrivains, intellectuels, amis, collègues, chercheurs et étudiants qui l’ont accompagnée. Mireille Calle-Gruber œuvre en tant que professeur et en tant qu’écrivain dans la langue française depuis la connaissance et l’expérience des cultures autres. Son travail est pluriel et transfrontalier : il traverse les grammaires et fait migrer les disciplines. Il dissémine les savoirs et décloisonne la recherche. Son séminaire ouvre un espace-temps où l’impensable est accueilli. Où l’impossible arrive. Passeuse des œuvres, amie des artistes, Mireille Calle-Gruber nous fait le don des promesses de la littérature, et c’est à nous qu’il revient de faire perdurer cet héritage.

Le Complexe d’Eve. La pudeur et la littérature

Anaïs Frantz, Le Complexe d’Ève : La pudeur et la littérature. Lectures de Violette Leduc et Marguerite Duras

Paris : Honoré Champion, coll. « Bibliothèque de littérature générale et comparée », 2013.

Compte rendu de l’ouvrage dans la revue Lettres Modernes Marguerite Duras (Minard, 2017)

Compte rendu de l’ouvrage dans la revue Francofonia

Compte rendu de l’ouvrage dans la revue Francesi

complexe d'eve

Présentation de l’éditeur :

Sous le voile de ce que l’on appelle encore aujourd’hui la « pudeur féminine », il y a le complexe d’Ève. Je nomme ainsi l’articulation poétique entre d’une part le désir de connaissance, et d’autre part la découverte de la mort. Le sujet de langage est un sujet pudique dont la nudité est imprésentable parce que fictionnelle et auctoriale. Il y va, par-delà l’interprétation morale du «péché originel», de la condition poétique du sujet connaissant. Ce livre, qui tisse la relecture des écritures bibliques avec l’analyse de certaines approches philosophiques et théoriques contemporaines, et l’étude de deux grandes œuvres littéraires, celles de Violette Leduc et de Marguerite Duras, montre que la littérature est le lieu privilégié où faire l’épreuve d’une mimèsis sans modèle.

Anaïs Frantz est chercheure associée et chargée de cours à La Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Elle enseigne également la littérature et les études féminines et de genre dans les Universités américaines de Paris. Elle a rédigé le livret pédagogique du DVD sur Tous les matins du monde de Pascal Quignard pour le Centre National de Documentation Pédagogique, et coédité avec Mireille Calle-Gruber Politique et poétique du genre dans les migrations. Femmes entre les deux rives de la Méditerranée aux Presses universitaires de Tanger.

Colloque Claude Simon Les Vies de l’Archive – Sorbonne Nouvelle 2013

CLAUDE SIMON, LES VIES DE L’ARCHIVE

Colloque du Centenaire

1913-2013

 27-28 février, 1er mars 2013

Au commencement, et qui commande en tous points l’œuvre de Claude Simon, il y a le travail de l’archive, laquelle relève à la fois de l’historique, du politique et de la poétique.

L’archive est plus ample que la mémoire, qu’elle garde et dont elle se garde par la construction d’une mise en œuvre de la recherche. L’archive n’est pas tournée vers le passé : son geste archéologique, singulier et immémorial, la requiert au présent de l’écriture et aux voies ouvertes à l’à-venir.

Elle est peut-être bien ce que Claude Simon appelle « le vécu » dont il fait ses romans ; le vécu qui impressionne le corps extérieur à même l’intime, et dont il importe de déchiffrer les traces, nourricières de la vivante relation au monde.

Qu’il s’agisse des archives familiales et de la documentation réunie par l’écrivain, de ses notes pour mémoire, des manuscrits des romans, plans et croquis, de la diversité des genres expérimentés (peinture, photographie, roman, essai, film, scenario, conférence, entretien) ou qu’il s’agisse des œuvres publiées dont chacune est à la fois un accès nouveau au vécu et une ressource pour les romans successifs, on suivra les chemins de traverse que fraye Claude Simon constituant ainsi une archive cohérente et lisible. Entre rassemblement et dispersion, conservation et ruine, science et impressions affectives, institution et interprétation.

Et plus d’une interrogation.

« Comment savoir ? Comment savoir ? Que savoir ? » : ces questions qui scandent La Route des Flandres sont celles de l’archivation et de l’archivable. Elles deviennent les nôtres. Elles habitent la poétique de l’œuvre, par exemple Le Palace avec la guerre d’Espagne, Les Géorgiques avec la vision révolutionnaire de l’Histoire, ou encore la démarche autobiographique qui est au fondement de tous les livres.

« Mais où commence le dehors ? Cette question est la question de l’archive », affirmait Derrida. C’est sans aucun doute la question pour la dynamique de Claude Simon dont les phrases interminablement disponibles mettent à feu et à cendre les mémoires de la mort et les vies de l’archive.

Michel Butor – L’écrivain migrateur

Le film Michel Butor l’écrivain migrateur réalisé par Blandine Armand, coécrit avec Frédéric Ferney, auquel ont participé les chercheurs et étudiants du Centre de Recherches en Études féminines et genres /Littératures francophones, et dont une partie a été tournée à la Maison de la Recherche de Paris 3 et à la Bibliothèque de Littérature générale et comparée en Sorbonne, a été diffusé sur France 5 le vendredi 23 mars 2012 à 21h30 dans le cadre de la collection Empreintes présentée par Annick Cojean.